Les démarches administratives sont lourdes (enquêtes sociales, psychologiques,...) et lorsqu'enfin votre dossier est accepté, la deuxième étape de votre parcours commence : rencontrer les associations responsables du placement des enfants et attendre,... Persévérance et patience devront faire partie de vos qualités à tous deux pour ne pas renoncer.
D'un point de vue affectif, l'adoption est un engagement tout aussi important pour vous que pour l’enfant. Vous offrez un foyer à quelqu'un tandis que vous réalisez un rêve peut-être tant attendu : fonder une famille !
Confiance et vérité :
L’enfant que vous adopterez aura peut-être été abandonné. On comprend combien vous devez l'envelopper de tout votre amour et votre affection, afin qu'il ne connaisse plus ce sentiment. N'hésitez pas, même s'il ne vous semble plus être un "petit enfant", à le cajoler, le serrer dans vos bras,... autant de contacts physiques qu'il recherchera souvent.
Attendez-vous à ce qu'un jour ou l'autre, l'enfant vous interroge sur ses origines. Parfois, ce ne sera que bien plus tard, au moment de l'adolescence que bien des questions seront soulevées. Les attitudes sont unanimes à ce sujet: il faut dire la vérité! Nier l'adoption ne ferait qu'entamer la confiance au sein de la famille, confiance que vous avez peut-être mis du temps à construire. Expliquez donc le plus clairement possible la situation à l'enfant que vous avez accueilli, en adaptant vos explications à son âge et à sa capacité de comprendre ce que vous lui exposerez.
De plus, il est important de préserver son passé, ses origines et son vécu, d'autant plus s'il provient d'un pays étranger. Le choix se posera notamment de lui donner un prénom qui lui est propre ou de conserver l'ancien prénom donné par ses parents légitimes. Evidemment, la situation est bien différente selon qu'il s'agisse d'un enfant adopté vers l'âge de trois mois ou bien plus tard; les souvenirs sont tout autres. Les difficultés que vous rencontrerez risquent d'être amplifiées pour un enfant plus âgé qui garde souvenir de certains traumatismes qu'il a rencontrés étant petit.
Il est probable qu'à certains moments, il manifeste ses angoisses d'abandon par des comportements régressifs (pipi au lit,...) ou par d'autres troubles (sommeil, alimentation ... ). Ne vous inquiétez pas outre mesure mais continuez à l'entourer et à construire ainsi des liens familiaux harmonieux.

Dr Anne Luyckx